Rencontre avec Ben Charest

1372920_10151907831739587_204442758_nC’est par hasard que le compositeur de trames sonores Ben Charest est atterrit dans le métier. Dans la vingtaine, le père d’un de ses amis, réalisateur à l’ONF, a besoin d’un musicien pas cher pour une de ses productions. L’étudiant en jazz saute sur l’occasion et c’est ainsi qu’au fil des années il devint un des compositeurs importants au Québec et à l’international. Vous le connaissez probablement pour la célèbre trame sonore des Triplettes de Belleville pour laquelle il a entre autres remporté un Grammy et un César.

C’est au dôme de la Place d’Youville que Ben Charest est venu raconter aux festivaliers son impressionnant parcours de compositeur. S’il a toujours aimé la musique, il avoue n’avoir jamais été capable de s’identifier à un style en particulier. Selon lui, c’est peut-être pourquoi la composition pour le cinéma lui a tant plu. « Les films permettent de toucher à tout », a-t-il expliqué ajoutant qu’il a toujours été attiré par la recherche.

Il note également une grande différence entre la composition plus personnelle et celle pour les productions cinématographiques. Il admet que ce n’est pas tous les compositeurs qui savent se familiariser avec ce processus de création où la musique doit strictement servir l’image. Sans affirmer qu’on doit savoir « s’effacer » lors de la création de trames sonores, il compare sa capacité à composer au rôle qu’il prend lorsqu’il joue au hockey : « J’ai toujours été celui qui fait les passes! J’aime aider… alors j’aime supporter l’image. »

D’après Ben Charest, la collaboration entre les réalisateurs et les compositeurs est primordiale. « C’est du bonbon lorsque ta musique devient comme un personnage dans le film », a-t-il exprimé en donnant l’exemple de son travail pour le film Matroni et moi. En effet, ce n’est pas tous les réalisateurs qui accordent une grande importance à la musique qui accompagne leurs images. « C’est du cas par cas », supporte Ben Charest.

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Il déplore ainsi que certaines équipes bâtissent leur montage à partir de pièces déjà existantes sans trop savoir ce qu’ils recherchent exactement. Puis, ils demandent au compositeur un genre de calque de ces pièces. Il note également un problème au niveau du budget dans l’industrie au Québec où les producteurs de films n’accordent qu’environ 0,6% de leurs fonds à la musique.

Puisque les moyens de production se sont démocratisés, les films prennent plus de temps à se faire et ainsi le prix du montage peut rapidement gonflé. Si l’on ajoute cela à la facilité de créer de la musique avec les nouvelles technologies, Ben Charest décrit un nouveau bassin très vaste de nouveaux compositeurs amateurs qui crée une musique de moindre qualité, mais bien moins cher que ce que les professionnels peuvent proposer.

Bref, une belle rencontre organisée par le Festival de Cinéma de la Ville de Québec avec la collaboration de la Société Professionnelle des Auteurs Compositeurs du Québec. Ne manquez pas le passage sous le dôme de l’équipe du film Une jeune fille mardi prochain, 16h!

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