Prédiction Sélection officielle TFO

Après une dizaine de jours bien remplis de projections cinéma, il est enfin temps de choisir le lauréat de la Compétition officielle TFO. Pour vous rafraîchir la mémoire, voici un résumé des films présentés en compétition officielle TFO.

Dead man talking
Un condamné à mort réussit à éviter son exécution lorsqu’un flou dans la loi lui permet de repousser l’instant de sa mort. Avec une touche d’humour, le film abordait un thème encore tabou de nos jours. C’est le réalisateur Patrick Ridremont qui incarne le personnage principal.

Don Jon
Véritable film ovni dans la sélection officielle, Don Jon jouera le tout pour le tout. Réalisée par Joseph Gordon-Levitt, cette comédie utilise tous les stéréotypes possibles afin de faire une critique sociale de l’amour et de l’indépendance.

J’espère que tu vas bien 2
Dans J’espère que tu vas bien, les comédiens David La Haye et Marie-Chantal Perron avaient réussi à tourner un film en un seul plan-séquence improvisé. Pour cette suite, les comédiens répètent l’expérience pour un autre 90 minutes mais cette fois en compagnie aussi de Hugo St-Cyr, Richard Robitail et Sylvie Léonard.

Kid
Kid est un enfant silencieux. À la suite du décès de sa mère, il doit aller vivre avec son oncle et sa tante, ce qui le renfermera davantage dans son monde. Kid est un film introspectif avec des dialogues très épurés.

L’autre maison
Deux frères ne s’entendent pas sur la manière dont ils doivent prendre soin de leur père, dont l’état de santé se détériore. Film touchant de Mathieu Roy, on explore d’une manière réaliste les façons dont les personnes confrontées réagissent face à la maladie. Marcel Sabourin et Roy Dupuis sont très convaincants dans leurs rôles.

The Broken Circle Breakdown
C’est l’histoire d’amour entre deux personnes aux caractères complètement opposés. Une histoire d’amour passionnelle jusqu’à ce qu’un drame les fasse vasciller. Personne n’envierait le destin de ces deux personnages. Ce film de Felix Van Groeningen défendra la Belgique aux Oscars cette année.

Une jeune fille
Après le décès de sa mère, une jeune fille retourne en Gaspésie afin de retrouver une plage où sa mère rêvait de retourner. Elle fera la rencontre de Serge, un fermier peu bavard. Malgré leur caractère opposé, ces deux êtres solitaires finiront par s’apprivoiser. Le film réalisé Catherine Martin possède une belle facture visuelle.

 Arrugas
Alors qu’il présente des problèmes de mémoire, Emilio est placé dans un centre d’hébergement pour personnes âgées. Nous assistons à son arrivée et à son adaptation. Ses nouveaux amis l’avertissent qu’il doit être le plus normal possible s’il ne veut pas atterrir au second étage où sont les pensionnaires à problème lourd. Très belle adaptation du roman Rides de Paco Roca.

Pour ma part, il y a deux films que je verrais remporter le lauréat de la Compétition officielle TFO. Tout d’abord, The Broken Circle Breakdown, car il s’agissait d’un très bon film, une véritable leçon de cinéma tant au niveau du scénario, du montage que de la direction d’acteurs. Mais personnellement, j’aimerais beaucoup qu’Arrugas remporte le prix. C’est un excellent film d’animation qui réussit à combiner plusieurs émotions à la fois. Avec l’humour, le réalisateur Ignacio Ferreras réussit à rendre plus acceptable des moments émotionnellement difficiles. Le film traite aussi de la maladie, du vieillissement et de la mort, des thèmes qui ont été particulièrement exploités pour cette troisième année au FCVQ.

On se donne rendez-vous à la remise de prix, qui se déroulera samedi soir au Palais Montcalm à 19h30.

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L’autre maison sous le dôme

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Tout juste avant de présenter L’autre maison au Palais Montcalm, le Festival de cinéma de la Ville de Québec a reçu en entrevue, hier, l’équipe du film sous le dôme de Place d’Youville. Afin de nous partager cette première expérience de long-métrage de fiction, Mathieu Roy était accompagné des vedettes de son film : Émile Proulx-Cloutier, Roy Dupuis et Marcel Sabourin.

Dès leur arrivée sous le dôme, on a senti une chimie entre les comédiens et le réalisateur. Ils rigolent, se taquinent et semblent tous très fiers de présenter leur film au public de Québec. D’ailleurs, Mathieu Roy ne tarde pas à confier à l’intervieweuse qu’une « chimie inexplicable » s’est rapidement créée au sein de l’équipe, notamment entre Roy Dupuis et Émile Proulx-Cloutier, les interprètes des frères Bernard dans sa production.

Journaliste de formation et ayant réalisé plusieurs documentaires, Mathieu Roy a avoué également avoir toujours voulu réaliser un film de fiction. C’est grâce à l’appui de ses producteurs, Roger et Félize Frappier, qu’il a décidé de faire le grand saut. Dès leur première rencontre, ils lui ont suggéré d’écrire à propos d’un sujet qu’il connaissait. C’est ainsi que la maladie de son père, l’Alzheimer, s’est imposée comme thématique. Selon lui, c’était la meilleure façon d’être « sincère dans l’écriture ». De plus, il décrit cette maladie comme « un sujet primordial dans notre société. » Sa volonté d’alimenter les discussions IMG_0849sur cette démence et de faire voir au public des facettes inédites que les proches des malades vivent n’a que consolidé son choix.

Selon Émile Proulx-Cloutier, l’expérience directe que le réalisateur a eue avec la maladie a permis de créer un film qui donne un regard honnête sur cette problématique en y ajoutant des pointes d’humour et de poésie. Comme acteur, il avoua même s’être senti en « sécurité » sous la direction de Mathieu Roy puisque ce dernier savait exactement lui indiquer quand il devait « en donner plus ou en donner moins ». Il ajoute que le réalisateur tenait à montrer « toutes les facettes des personnages » afin de présenter une histoire vraie et humaine.

D’ailleurs, cela réussit très bien au film, ovationné par le public de la Vieille Capitale. Mathieu Roy a réussi à créer des personnages complexes qui vivent cette délicate situation avec leur père à leur manière. Ainsi, il n’y a pas de bon ou de méchant. Seulement deux êtres qui s’efforcent de faire ce qui leur semble juste.

IMG_0857Évidemment, on ne peut passer sous silence l’interprétation si touchante de Marcel Sabourin. Il est entré dans le personnage d’Henri Bernard d’une façon si réaliste que cela en est déconcertant. Après la projection, celui qui a remporté le prix d’interprétation au dernier Festival des Films du Monde de Montréal a confié au public qu’il a puisé son inspiration dans sa personnalité lunatique. « Je me laissais aller à moi-même. Je pogne souvent des fixes et je m’intéresse aux choses auxquelles personne ne s’intéresse… »

IMG_0832L’autre maison sera en salle dès le 18 octobre.

Se battre comme des soldats, mourir comme des enfants

enfant_12012. Documentaire. Canada. 83 minutes. White Pine Pictures.
Réalisateur : Patrick Reed
Accéder à la fiche FCVQ.
Présenté le 21 septembre 2013 au Cinéma Cartier à 14h00.

Samedi le 21 septembre, nous vous suggérons d’assister à la projection de « Se battre comme des soldats, mourir comme des enfants » de Patrick Reed. Monsieur Roméo Dallaire et Roy Dupuis présenteront ensemble le documentaire à 14h00 au Cinéma Cartier.

Le film montre le parcours de du général et sénateur Roméo Dallaire, maintenant retraité, dans un voyage en République démocratique du Congo, au Sud-Soudan et au Rwanda. Sa mission : mettre un terme à l’utilisation d’enfants-soldats.

Le spectateur assiste à ses démarches, alors qu’il vient en aide aux enfants rescapés, mais aussi lorsqu’il fait pression auprès des chefs de groupes armés afin qu’ils cessent l’utilisation d’enfants-soldats.

Romeo Dallaire

Photo: Kidi Boma. whitepinepictures.com

Le documentaire montre un second aspect du général. En même temps qu’il lutte pour sa cause, le général est toujours hanté par les souvenirs du génocide rwandais, survenus près de 20 ans auparavant. Le film expose des témoignages et des images troublantes afin de sensibiliser la population au problème des enfants-soldats.

Le film a remporté le prix du Documentary Point-of-View au Yorkton Film Festival en 2013. Se battre comme des soldats, mourir comme des enfants est présenté au Festival de cinéma de la Ville de Québec en collaboration avec le groupe Cinema Politica de l’Université Laval.

L’autre maison

Maison 12013. Drame. Québec. 103 minutes. Remstar.
Réalisateur : Mathieu Roy
Acteurs : Roy Dupuis, Marcel Sabourin, Émile Proulx-Cloutier.
Accéder à la fiche FCVQ.
Présenté le 20 septembre 2013 au Palais Montcalm, à 19h00.

 L’autre maison raconte l’histoire de Henri Bernard (Marcel Sabourin), un octogénaire qui a de fréquentes pertes de mémoire. Afin de garder un dernier contrôle sur sa conscience, il se crée un lieu métaphorique qu’il nomme « l’autre maison ». Ses deux fils aux caractères opposés ne s’entendent pas sur la manière de prendre soin de leur père. L’un veut garder le père dans la maison familiale, alors que l’autre souhaiterait le placer en centre d’hébergement.

Marcel Sabourin livre une interprétation puissante de cet homme vieillissant conscient de perdre peu à peu sa mémoire. Dernièrement, l’acteur a obtenu le prix de la meilleure interprétation masculine au 37e Festival des films du monde (FFM).

Roy Dupuis et Émile Proulx-Cloutier offrent tous les deux des prestations très solides. C’est d’ailleurs un aspect très intéressant de ce film. On s’intéresse beaucoup au père malade, mais sans oublier les autres. La maladie est aussi une expérience difficile pour les membres de la famille. Le scénario reflète parfaitement cette réalité.

Photo: lautremaison-lefilm.com/photos

Photo: lautremaison-lefilm.com/photos

Le film prend le temps de montrer comment réagissent les deux fils. Journaliste international, le personnage de Roy Dupuis choisit de s’enfuir dans un autre pays afin de fuir ses problèmes. Au contraire, le personnage d’Émile Proulx-Cloutier choisit de rester, mais il s’épuise en restant au chevet de son père. Sa vie de couple en sera d’ailleurs affectée.

S’inspirant de la maladie de son père, le réalisateur-scénariste Mathieu Roy a remporté le Prix du public du long métrage canadien le plus populaire, toujours au FFM. Dans le cadre du Festival de cinéma de la Ville de Québec, le long métrage sera présenté en Compétition officielle TFO.